#Enquête / L’image des grandes villes françaises auprès de 1300 étudiants.

Dans un article intitulé There’s a Global War for Young Talent. The Winners Will Shape the Future, Parag Khanna évoquait l’importance d’attirer les jeunes talents dans un monde où les crises (économiques, démographiques, climatiques) vont accroître la mobilité des individus, notamment des jeunes actifs, et donc des étudiants.

Concernant ces derniers, après leur formation, ils exerceront une activité professionnelle en libéral ou chez un employeur localisé dans une ville. Certains n’auront pas le choix et iront travailler là où leur recherche les amènera. D’autres auront le choix : soit parce qu’ils choisiront d’abord un lieu de vie, espérant y trouver un emploi ; soit parce que leur profil sera suffisamment attractif pour choisir leur employeur et donc leur territoire de vie.

Pour ces seconds, l’image qu’ils ont des pays, des régions ou des villes est primordiale. Ils choisiront l’entreprise installée sur le territoire où ils souhaitent vivre et refuseront les emplois localisés sur ceux qu’ils rejettent, parce que disposant d’une mauvaise image ou parce que trop risqué.

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1308 étudiants sondés d’origines très variées

Dans le cadre des cours d’économie et de méthode statistique que je dispense à ESPOL / European School of Political and Social Sciences de l’Université Catholique de Lille, j’ai interrogé ces trois dernières années mes étudiants qui viennent des quatre coins de la France pour leur demander l’image qu’ils avaient de 6 grandes villes françaises, celles où ils envisagent de vivre et celles qu’ils rejettent. Ces mêmes étudiants ont eu la gentillesse de transférer le questionnaire à leurs amis. Merci également à Elsie Blondel et Anne Florence Szczygiel, anciennes étudiantes ESPOL qui ont aidé à la diffusion du questionnaire.

Au total, 1308 étudiants ont répondu au questionnaire. Ils sont en Licence ou en Master, en sciences politiques, en école de commerce ou encore en école d’ingénieur. 21% des sondés sont originaires des Hauts-de-France et 14% de l’Ile de France. 6% sont étrangers répartis entre l’Afrique, l’Amérique et le reste de l’Europe.

Avertissement : ce sondage qui a obtenu plus de 1300 réponses n’est en rien représentatif de la population française, mais d’une catégorie d’étudiants, engagés dans des études longues au sein d’université et d’école supérieures sélectives, et donc, destinés pour nombre d’entre eux à occuper des postes à responsabilité.

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Présentation des résultats

Les graphiques suivants présentent les résultats de l’enquête pour chacune des villes françaises proposées.

Notre échantillon n’étant pas homogène dans son origine géographique (surreprésentation des Hauts-de-France, de l’Ile de France et du Grand Est).

Ainsi, pour éviter les biais (les individus pourraient mieux noter leur territoire d’origine ou celui où ils font leurs études) , nous avons exclu pour chaque ville les réponses des étudiants qui en sont originaires et ceux qui y font leurs études.

Un second volet s’intéressera à l’image que les étudiants ont de la ville où ils font leurs études.

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L’image des villes : le cas particulier de Marseille

Les étudiants sondés ont du répondre à une première question concernant l’image générale dont ils avaient de chaque ville avec 5 choix possibles : très bonne, plutôt bonne, aucune image, plutôt mauvaise, très mauvaise.

Dans ce cadre, Marseille fait figure d’exception. Au total, 65% des étudiants ont une image mauvaise ou très mauvaise de cette ville.

A contrario, les étudiants ont une image très bonne ou plutôt bonne de toutes les autres villes.

Bordeaux et Lyon sont les deux lauréates du classement, devant Lille, qui surclasse Toulouse et Strasbourg.

85% des étudiants qui ont répondu au questionnaire ont une image bonne ou plutôt bonne de Bordeaux.

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Des mots qui correspondent largement à l’image

Au-delà de l’image générale que les étudiants ont des villes, le questionnaire leur a proposé 9 mots (Jeune / Technologie / Patrimoine / Industrie / Riche / Vieux / Verte / Pauvre / Insécurité). Pour chaque ville, il a été proposé aux étudiants de cocher le ou les mots qui correspondaient à l’image de la ville.

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Les résultats confirment largement les résultats de la question précédente et permettent aussi de bien comprendre les causes de la bonne ou de la mauvaise image.

Concernant Marseille, c’est l’insécurité qui constitue le mot le plus cité (77%), suivi de la pauvreté (45%).

Concernant Bordeaux, les mots les plus cités sont tous positifs, tout comme Lyon, Strasbourg et Toulouse.

Notons la présence du mot industrie pour Lille et Toulouse. Si pour Toulouse, la réponse correspond bien à la présence de l’industrie aéronautique, à Lille ce mot ne correspond à aucune réalité locale actuelle, puisque Lille est devenue un territoire principalement tertiaire.

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L’étranger : première destination souhaitée par les étudiants !

Le lieu de vie envisageable par les étudiants se trouvent dans la parfaite continuité de l’image que les étudiants ont des villes.

Ainsi, Bordeaux et Lyon sont plébiscités par les étudiants avec près des trois quarts d’entre eux qui veulent y vivre ou qui accepterez d’y vivre.

A l’opposé, près des deux tiers des étudiants indiquent qu’ils ne veulent pas vivre à Marseille, 28% seulement accepteraient d’y vivre.

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En plus des six villes proposées, les étudiants ont eu la possibilité d’indiquer s’ils souhaitaient vivre à l’étranger. Le résultat est sans équivoque : l’étranger constitue la destination de vie la plus souhaitée.

Les étudiants sont ainsi 60% à vouloir y a vivre et 31% qui accepteraient d’y aller, contre seulement 7% qui ne le veulent pas.

Cette réponse peut perçue comme positive (les voyages forment la jeunesse), mais aussi comme négative. Quel est ce pays que les étudiants